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Nos Filles du Roy (2)

Voici le nom de celles dont on sait qu’elles se sont établies, avec leur époux, dans l’est de l’ile de Montréal, dans la paroisse de ­l’Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles. Si votre famille a des racines profondes dans cette communauté, l’une d’elles pourrait bien être votre ancêtre.
• Françoise Baiselat ou Bizelon • Nicole Bautureau dit Chantoiseau • Anne Brandon • Jeanne Collet • Michelle de la Haye. • Antoinette Catherine Éloy • Marie Faucon • Marie-Jeanne Fauconnier • Anna Pelletier dit Passavant.
Nous avons retenu l’histoire de deux de ces femmes courageuses qu’on peut qualifier de ­pionnières de la ­Nouvelle-France.

Catherine Éloy
La première, Catherine Éloy, nait en 1644 dans une commune, Brie-Comte-Robert, au sud de Paris.
La destination finale de Catherine est Ville-Marie. Elle est accueillie par ­Marguerite Bourgeoys, qui veille à ce que les nouvelles arrivantes ­apprennent les ­rudiments des tâches ménagères qui en feront de bonnes compagnes et des mères bienveillantes, capables de tenir maison.

Elle fait bientôt la connaissance de ­Mathurin Masta, qui a le même âge qu’elle. Arrivé six ans aupa­ravant, c’est un bon parti. En effet, il a un bon ­métier : maçon et tailleur de pierre ; et surtout, il a déjà sa maison, sur la rue Saint-Paul. Le ­mariage a lieu en décembre 1665 à l’église Notre-Dame.

Depuis 1663, ce sont les Sulpiciens, une commu­nauté religieuse, qui sont les ­seigneurs de l’île de Montréal. Mais en ce milieu de XVIIe siècle, ils concèdent des parcelles, à la pointe est de l’île, à des particuliers.

En 1666, Mathurin obtient l’une d’entre elles : une terre de quelques arpents culti­vables. Il faudra attendre quel­ques années, après la fondation de la paroisse Saint-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles en 1674, pour que Mathurin décide d’y ­emmener sa famille et de s’y établir pour de bon.

En 1677, au moment du déménagement, Catherine et Mathurin ont déjà quatre enfants : ils font
donc partie des familles fondatrices de Pointe-aux-Trembles.

Comme c’était souvent le cas au XVIIe siècle, le malheur accable la famille de Catherine. Elle perd trois enfants dans des circonstances tragiques : une noyade et deux décès lors d’une épidémie de rougeole dévastatrice pour la jeune colonie.
En 1688, Mathurin meurt subitement à l’âge de 44 ans. Catherine, doit s’occuper de ses enfants encore mineurs, Pierre, Toussaint et Marguerite, des biens et des propriétés accumulés pendant le mariage.

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