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Nos Filles du Roy (3)

En 1688, Mathurin meurt subitement à l’âge de 44 ans. Catherine, doit s’occuper de ses enfants encore mineurs, Pierre, Toussaint et Marguerite, des biens et des propriétés ­accumulés pendant le mariage.
La loi française dite Coutume de Paris rétablit ses droits juridiques, perdus pendant son union avec Mathurin Masta. Elle hérite person­nellement de la moitié des biens et propriétés et doit répartir le reste entre ses enfants. Elle va gérer la part de ses enfants mineurs jusqu’à leur majorité.
Catherine ne se remariera jamais. Elle a 44 ans et ses enfants, des adolescents, peuvent contribuer aux tâches. Sa situation financière est enviable.


Toujours à propos du statut juridique des femmes en Nouvelle-France, il est intéressant de remarquer que les femmes y conservent en tout temps leur nom et n’adoptent donc pas le patro­nyme de leur époux. Par exemple, au ­mariage de sa fille ainée, Cunégonde, la signature de Catherine apparait à côté de celle de son fils Pierre, 14 ans.

Les escarmouches avec les Iroquois font ­partie de la réalité des colons. En juillet 1690, Pierre Masta, fils de Mathurin et Catherine Éloy, tombera lors d’une violente confrontation, opposant des colons de la Pointe-aux-Trembles à des guerriers iroquois. La bataille de la coulée Grou fera 15 victimes ­françaises. Pierre en sera la plus jeune, il avait à peine 18 ans.
Comble de malheur, sa fille Marguerite, ­mariée depuis peu à Jean-Baptiste Lalonde, succombe quant à elle aux complications d’un premier accouchement en 1699, une réalité hélas fréquente à l’époque.

En moins d’une décennie, Catherine a perdu son mari, un fils adulte sur qui elle fondait beaucoup d’espoir pour la suite, et sa fille Marguerite. Son petit-fils, François, sera élevé par la famille Lalonde à Baie-d’Urfé.
Sa situation financière demeure quand même ­enviable pour l’époque. En effet, selon un ­inventaire fait en 1693, Catherine Éloy ­possède des biens, des animaux, deux empla­cements à la Pointe-aux-Trembles où sont bâties la ­maison et la grange, deux terres à la côte Saint-Jean et les terres ­situées sur l’île Sainte-Thérèse.
Catherine Éloy, fille du roi, pionnière de Pointe-aux-Trembles, rend l’âme à l’âge très respectable de 85 ans en avril 1728. À son décès, Toussaint et ses nombreux petits-enfants, dont les enfants desa défunte fille Cunégonde, se partageront argent, biens et propriétés.

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