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Pointe-aux-Trembles et le feu

C’est en 1912 qu’a eu lieu le grand feu de Pointe-aux-Trembles. C’est lorsqu’une dame, madame Gagnon, décida de laisser son chaudron sans surveillance que le feu s’est déclaré. De ce fameux chaudron découle le grand incendie de 1912. Le brasier va se propager rapidement en raison des forts vents. Des pompiers vont intervenir avec l’aide de volontaires tandis que d’autres vont faire une chaîne humaine pour sauver l’église et le presbytère du feu.

Voyant l’étendue des dégâts, les pompiers de Pointe-aux-Trembles demandent finalement l’aide des pompiers de Montréal. Ce sont 14 pompiers supplémentaires qui viennent combattre le feu. Malgré une pompe automobile et un fourgon à boyaux automobile, l’incendie a détruit 53 bâtiments, blessé plusieurs personnes et enlevé la vie d’une ainée déjà très malade. Il faut le mentionner, les pompiers possédaient un nombre d’équipements limité pour éteindre
le feu.

10 ans plus tard, c’est pendant la longue fin de semaine de Pâques 1922 que l’incendie du 3e couvent a fait rage. Des élèves du Mont-Saint-Louis, accompagnés du Frère Athanase, en visite au collège Roussin, ont remarqué l’émanation de fumée sortant des fenêtres du couvent.

En arrivant sur les lieux, la constatation étant que les flammes se propagent rapidement, plusieurs personnes tentent de sauver les meubles et les objets religieux. On réussit, par exemple, à sortir 11 pianos sur les 17 qui sont dans le couvent. On soupçonne l’émanation de gaz provenant de pots de peinture qui étaient situés dans le grenier. Le couvent est complètement ravagé par les flammes. Heureusement, personne n’est décédé lors de cet évènement.

Le 21 février 1937, le bedeau Hector Généreux va se rendre, en soirée, à l’église pour y régler la fournaise pour la nuit. Vers 21h30, de son domicile, il va constater que de la fumée s’échappe des fenêtres de l’église et va finalement s’apercevoir que l’église est la proie des flammes. Il se rend au presbytère pour donner l’alarme. Le pompier volontaire Paul Chartier va, avec cinq ou six hommes, prendre la direction de l’incendie. Grâce à l’aide des casernes 36 et 44 de la ville de Montréal, le feu est maîtrisé vers minuit.

Le 21 février 1939, deux ans plus tard, jour pour jour : un incendie va se déclarer à l’hôpital de la Providence à Montréal-Est. Vers 11 h du matin, on remarque des flammes sortant du troisième étage de l’édifice. On fait rapidement appel aux pompiers : ceux de Pointe-aux-Trembles, de Montréal-Est et de Montréal.

On pense d’abord qu’il s’agissait d’un court-circuit, mais les autorités se sont rendu compte qu’il s’agissait en fait d’alcool désinfectant ayant pris feu dans la salle de pansements. Le bilan : perte totale au niveau du bâtiment, mais la totalité des patients ont été sauvés. Toutefois, on peut souligner le décès d’un adolescent qui, en raison d’une opération subie la veille, n’a pas tenu le coup.

Le feu de l’hospice Henri en 1957 est un feu qui se propagea très vite. C’est aussi grâce au restaurateur voisin que les pompiers ont été alertés, car le téléphone de l’hospice ne fonctionnait plus. Sur les lieux, on comptera près d’une trentaine de pompiers de la Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est. Le brasier prit 3 heures à s’éteindre.

Situé au même endroit que l’actuel CHSLD Cardinal, le Centre commercial Saint-Georges est la proie des flammes en 1962 à la suite d’un feu de cuisine. En effet, le feu va se déclarer dans les cuisines de la salle de quilles. Sur les lieux, la présence des pompiers de Pointe-aux-Trembles et de Montréal-Est est élémentaire. Cependant, rapidement, on va constater le besoin de plus d’effectifs et les pompiers des raffineries et de Montréal sont appelés en renfort.

Le feu est si puissant que les pompiers vont installer une pompe, prenant ainsi directement l’eau du fleuve. Les pompiers ont mis 13 heures à maîtriser l’incendie. Il s’agit d’un évènement qui suscite un grand intérêt auprès des médias. La critique est lourde pour les conseillers : une pression faible de l’aqueduc et la construction d’un centre commercial sans murs coupe-feu sont mises en cause.

Le 5 novembre 1970, un feu va se déclarer dans le bâtiment de la rue Parent : le Foyer Sainte-Bernadette. C’est grâce aux aboiements du chien, vers 3h30 du matin, que les personnes qui se trouvaient à l’intérieur du bâtiment ont pris conscience de la présence du feu. Monsieur Paradis, le propriétaire, se mettra à recherche de la source du feu. Avec un extincteur, il tentera d’éteindre le feu, mais sans succès. Il va se brûler aux mains et au visage. L’incendie a fait plusieurs victimes qui, lors du 9 novembre suivant, seront transportées lors d’un cortège funèbre. On dénombre 17 décès, dont 14 d’entre eux seront exposés dans le gymnase d’une école. L’origine de l’incendie : la défectuosité d’une chaudière de chauffage. À la suite de cet évènement et de l’enquête qui s’ensuivirent, la formule d’inspection par le ministère de la Santé se verra révisée pour inclure l’inspection des chaudières de chauffage. Enfin, le Foyer Sainte-Bernadette est l’ancêtre du CHSLD Cardinal, le Saint-Georges.

En 1981, c’est l’hôtel Frontenac qui sera la proie des flammes. Le feu va se déclarer vers les 7 heures du matin, dans les cuisines du restaurant chez Luce. Encore une fois, comme lors de l’incendie du centre commercial, le feu va prendre dans les cuisines !

Les employés vont tenter de l’éteindre avec un extincteur, mais sans succès. L’édifice vieux de 90 ans abritait 5 commerces. Les pompiers de Pointe-aux-Trembles auront l’aide éventuelle des pompiers de Saint-Léonard et de Ville d’Anjou. Heureusement pour le voisinage, la ville possède maintenant de vrais pompiers ce qui a aidé à contenir le feu. Finalement, la Pointe-aux-Trembles aura perdu, en 25 ans, la moitié de ses bâtiments. 

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