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Époque guerrière 1690

Avant de parler de la bataille de la Coulée Grou, il est nécessaire de faire un bref survol de ce qui se passe à l’époque, en commençant par ce qu’on appelle les guerres iroquoises. C’est vers 1640 que vont débuter les guerres entre les Iroquois et les colons français de la Nouvelle-France. La source principale des conflits est l’économie. En effet, les différentes relations commerciales qu’entretiennent les colons français, les colons anglais et les colons hollandais avec les peuples autochtones sont à l’origine des combats que l’on retrouve sur le territoire de la Nouvelle-France. Pour comprendre la suite des choses, il faut aussi garder en tête que les Iroquois commercent avec les Anglais et les Hollandais, tandis que les Hurons-Wendats et les Algonquins commercent avec les Français.

Commerce avec les indiens

À l’époque, la traite de fourrure est l’activité économique principale des colonies nord-américaines. Les peuples autochtones sont rapidement devenus dépendants des objets européens qu’ils obtiennent en échange des peaux d’animaux, particulièrement la peau de castor. Des problèmes liés à la saturation des territoires de chasse ainsi qu’à leurs délimitation se sont rapidement fait sentir. De plus, parmi les objets que s’échangent les peuples autochtones et les colons nord-américains, on retrouve l’arme à feu : un argument de taille. La circulation des armes à feu auprès des peuples autochtones ne fait que confirmer l’idée des colons français de bâtir des villages fortifiés le long des rives du Saint-Laurent.

 C’est en 1690 qu’à lieu la bataille de la Coulée Grou. La bataille s’inscrit dans la deuxième guerre iroquoise d’un point de vue « local » et dans la guerre de la Ligue d’Augsbourg au niveau international. De plus, l’influence négative du gouverneur de New York envers les Iroquois n’aide aucunement à maintenir l’harmonie entre les Français et les Iroquois.

Plaque commémorative de la bataille

La bataille de la Coulée Grou se déroule aux environs des jonctions entre la Rivière-des-Prairies, la rivière l’Assomption et le fleuve Saint-Laurent. Le chirurgien Jean Jalot, qui arrive de Repentigny, va apercevoir une centaine d’Iroquois qui séjournaient derrière la Pointe-aux-Trembles. Jean Jalot se rend donner l’alerte au village et on y organise un groupe de 25 hommes ayant à sa tête le lieutenant réformé, le sieur Colombet. Les hommes vont s’installer pour tendre une embuscade aux Iroquois. Les pertes sont nombreuses des deux côtés : les Iroquois vont perdre plus d’une vingtaine d’hommes et les Français vont perdre 6 hommes sur place et 6 autres sont faits prisonniers. Les Iroquois vont de nouveau attaquer la Pointe-aux-Trembles l’année suivante, en 1691. Ils brûlent entre 25 et 30 maisons en plus de faire prisonniers plusieurs hommes et femmes.

Fortifications de PAT en bois.

À la suite des attaques iroquoises, la Pointe-aux-Trembles se dote, en 1693, d’une fortification, d’une palissade en bois ! Les fouilles archéologiques l’ont bien montré : le village de la Pointe-aux-Trembles avait ses palissades. Dans un objectif de protection, plusieurs secteurs de Montréal, Ville-Marie à l’époque, se dotent de grands murs en bois. Les fortifications servent à protéger les colons des raids iroquois, mais elles servent également à protéger les postes de traite.

Jusqu’à présent, nous savons où se situaient les palissades Nord, Est et Sud, mais celle située à l’Ouest reste à découvrir. De plus, petite anecdote, le plan des rues du vieux Pointe-aux-Trembles actuel correspond, sur le plan original du village, à l’intérieur même des fortifications.

C’est le 4 août 1701 que la Grande Paix de Montréal a lieu. Elle conclut un accord de paix avec, entre autres, les Cinq Nations iroquoises, mais aussi l’ensemble des autres nations autochtones. Autrement dit, cet accord de paix marque la fin des hostilités entre les deux groupes. En plus de régler la question des conflits, la Grande Paix de Montréal accorde aux Français et aux Iroquois certains privilèges. Les Français concèdent aux Iroquois le droit de commercer librement et d’obtenir des marchandises des Français à un coût réduit. En revanche, les Iroquois s’engagent à ne pas prendre position advenant un éventuel conflit entre la France et l’Angleterre. Ils permettent également aux Français d’étendre leur colonisation jusqu’à Détroit. Enfin, les Français auront eu plus d’avantages parce qu’ils auront la liberté de s’étendre militairement au cours des 50 années suivantes.

Grande Paix de Mtl-1701.
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