/ Conférence 350e / 1915 : l’éducation Pointelière

1915 : l’éducation Pointelière

L’année 1915 est marquée d’une pierre blanche dans l’histoire de l’éducation à la Pointe-aux-Trembles, l’inauguration de l’Académie Roussin. Belle occasion de regarder l’amont et l’aval de l’histoire de l’école chez nous.

C’est à Messire François Séguenot que nous devons l’introduction d’une mission des Sœurs de la Congrégation à la Pointe-aux-Trembles. À compter de 1676, ces religieuses, sous la direction de Marguerite Bourgeoys, commencèrent à ouvrir des missions en dehors de Ville-Marie. C’est vers 1680 que deux sœurs viennent instruire les petites Pointelières, effectuant d’abord des séjours occasionnels.

En 1690, avec l’aide financière des messieurs de Saint-Sulpice et des paroissiens, une  maison en bois fut construite pour les Sœurs,  celles-ci inaugurant une présence chez nous qui allait se prolonger durant trois-cent-trente ans. Cette maison fut remplacée en 1754, par une maison de pierre de grandes dimensions, érigée sur la terre de l’église. Œuvre de Jean-Baptiste Deguire dit Larose, cette maison était un chef d’œuvre pour l’époque. Exhaussé d’un second étage en 1850 ne suffisant  plus à la demande, il fut remplacé en 1879 par un édifice d’une rare élégance, œuvre du renommé architecte Victor Bourgeau. Il conçut un édifice de style Second Empire, en briques, faisant face à la rue Notre-Dame.

Ayant assuré l’éducation des filles, le curé Séguenot s’attela à la tâche d’organiser celle des garçons de la paroisse. Il réussit à recruter un maître itinérant  en 1683.François La Bernarde, qui, de 1684 à 1714,  assuma l’éducation des garçons.  Le curé Séguenot disposant d’un presbytère depuis 1679, c’est là que François Labernarde faisait la classe à ses élèves.

On fit ensuite appel à la communauté des Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph, communément appelés les Frères Charon jusqu’en 1732. Après le départ des Frères Charon, l’école des garçons sera  confiée à des maîtres laïcs qui disposait d’une nouvelle bâtisse au village.

Dans l’entretemps, une école de rang avait été ouverte pour les enfants garçons et filles du rang Saint-Léonard.

La fondation de l’’Institut français évangélique de la Pointe-aux-Trembles fut une conséquence indirecte des insurrections patriotes de 1837-1838. La French Canadian Missionnary Society acheta une terre de la famille Reeves en 1844, à la Pointe-aux-Trembles, et y déménagea les écoles protestantes de Grande Ligne et de Belle Rivière.

Les élèves fréquentant l’institution étaient pensionnaires et ne comptaient pas d’enfants pointeliers sauf ceux des membres du personnel de cette institution.

Durant cette période, la Pointe-aux-Trembles continua de disposer pour les garçons des deux écoles du village et du rang Saint-Léonard. Devant la croissance de la clientèle scolaire, encouragés par la politique de Mgr Bourget qui importait de France des communautés enseignantes, le 13 août 1854, les marguilliers et notables de la paroisse de l’Enfant- Jésus  formèrent un comité autorisé à ériger une nouvelle maison d’école. La nouvelle académie construite au cours de l’été 1855 était en pierres des champs, occupant un emplacement au nord du chemin des barrières « sur la terre de l’église » occupé aujourd’hui par le stationnement du Centre Roussin.  

L’établissement prit le nom d’Académie Saint- Joseph et ouvrit ses portes le 7 novembre 1855 sous la gouverne des frères de Sainte-Croix et Saint-Joseph. L’Académie Saint-Joseph a ensuite été confiée aux clercs de Saint-Viateur puis à des laïcs et finalement aux frères de Saint-Gabriel  jusqu’en 1907.

Les commissaires procédèrent alors à la construction d’un nouveau collège livré en décembre 1907 et confié aux Frères du Sacré-Cœur. Cet édifice de 60 pieds par 40, sur trois étages et revêtu de brique, offrait trois classes et une salle et les espaces de vie pour les religieux. Grande innovation, en 1909, le collège sera électrifié !

À Pointe-aux-Trembles on rêvait désormais d’industrialisation et de développement domiciliaire accéléré. On décida donc de construire une immense académie commerciale  dessinée par Charles-Aimé Reeves et inauguré en 1915, l’établissement allant porter le nom du curé de la paroisse, Octave Roussin.

Mais en 1916, les commissaires vont faire droit à la demande des contribuables de Laval  (Bout de l’Île)  et décider de construire une nouvelle école élémentaire dans la partie ville de Laval, à nouveau dessinée par Charles Aimé Reeves et qui prendra naturellement le nom de Laval !

La minute de vérité approchait pour toutes les institutions publiques de la Pointe-aux-Trembles devenues incapables de rencontrer leurs obligations. La commission scolaire, acculée à la banqueroute, va devoir chercher à se défaire de son joyau, l’Académie commerciale Roussin, et acceptait en 1923 l’offre de la Communauté des Frères du Sacré-Cœur à hauteur de 100 000$ et l’engagement d’assumer  l’enseignement aux garçons de la municipalité.

Le couvent des Sœurs de la Congrégation avait été lui aussi victime de son succès. On décida donc en 1909-1910 d’y ajouter une nouvelle aile, dans le respect de l’unité de style Second Empire de l’édifice. Mais, le lundi de Pâques 18 avril 1922, les pensionnaires étant heureusement en congé, un incendie ayant sa source au grenier détruisit entièrement l’édifice dont seulement les murs extérieurs de l’aile ouest résistèrent. L’architecte désigné de la Communauté, Joseph- Omer Marchand, décida de ne pas relever le corps principal du couvent et de plutôt reconstruire l’aile ouest, en ajoutant une petite aile de classes à l’extrémité nord, l’ensemble ne faisant plus face à la rue Notre-Dame mais
plutôt à l’est.

De 1948 à 1959, la Commission des Écoles catholiques de la Pointe-aux-Trembles va devoir construire ou agrandir de nombreuses écoles un peu partout sur son vaste territoire : agrandissement de l’école Laval, construction des écoles Sainte-Maria-Goretti, Saint-Enfant-Jésus, Mgr Eusèbe Gagnon, Sainte- Germaine Cousin et De la Rousselière .La Protestant School Board of the Parish of Pointe-aux-Trembles par ailleurs construisait, en 1959, l’école McLearon.

Montréal-Est allait également connaître une forte croissance, particulièrement après la guerre, avec la construction de son War Town pour vétérans. En 1951, on construisait une nouvelle école de 16 classes pour les garçons  rebaptisée  du nom du président de la commission scolaire et maire de Montréal-Est, Napoléon Courtemanche, qui sera bientôt agrandie et portée à 30 classes.

L’école Napoléon-Courtemanche

Dans les années soixante, les constructions vont se multiplier : Écoles Montmartre, Saint-Charles I qui deviendra l’école Paul-Gratton, Saint-Marcel,  René-Pelletier, Saint-Charles II, François-Labernarde, Marguerite-Bourgeoys, Notre-Dame, Félix-Leclerc,  Guy-Durocher.

À Montréal-Est, on construisait la nouvelle école Saint-Octave. Avec la régionalisation, en 1965, les élèves du secondaire, garçons et filles, occupèrent l’école Napoléon-Courtemanche.

Ayant racheté le collège Roussin en 1971 pour usage temporaire, en attendant de compléter son réseau d’écoles polyvalentes, la Commission scolaire Jérôme-Le Royer inaugurait ses deux écoles secondaires polyvalentes, la polyvalente Daniel-Johnson en 1969 et l’école polyvalente de la Pointe-aux-Trembles en 1974.

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