/ Conférence 350e / 1845 : la période victorienne

1845 : la période victorienne

1845 : Joseph Laporte
1845 c’est l’année de l’élection du premier maire de Pointe-aux-Trembles : Joseph Laporte, un chef patriote qui avait été très actif pendant la turbulente période qui mena à la rébellion de 1837-1838. La défaite patriote n’a pas empêché les Pointeliers de continuer à appuyer Laporte qui va donc être élu pour diriger leur territoire devenu municipalité en 1845. Laporte devient maire à 39 ans puis sera élu député de la division Hochelaga de la circonscription de Montréal en 1854. D’abord réformiste, il changera de camp pour devenir conservateur avant d’être battu en 1861.

1840 : La rue Notre-Dame
Cinq ans avant l’élection de Laporte, un changement majeur était survenu dans le transport à Pointe-aux-Trembles : l’ouverture de la rue Notre-Dame, d’abord appelée Chemin des barrières qui a remplacé le vieux et détérioré chemin du Roy et permet de contourner le village. Il s’agit d’une route privée construite en 1841 par la Montreal Turnpike Company. Il fallait payer pour emprunter ce chemin et le coût différait selon la nature du véhicule, la présence d’animaux et les fonctions de l’usager.


Le poste de péage se trouvait à la hauteur de l’actuel rue George-V.  Militaires, membres du clergé, cortèges funèbres et charrettes transportant du fumier étaient exemptés du péage. Ce chemin des barrières deviendra municipal en 1913 afin de permettre le passage d’un tramway.

Les premières
Plusieurs nouveautés vont faire leur apparition à Pointe-aux-Trembles pendant l’ère victorienne, c’est-à-dire dans la deuxième moitié du 19e siècle, début 20e. Un premier maître de poste est nommé à Pointe-aux-Trembles en 1851. Il s’agit de Pierre Dubreuil qui assurait la distribution du courrier et dont le poste sera occupé par 18 autres personnes jusqu’en 1957.

Autre première, en 1889, un premier téléphone fait son apparition chez nous. Il se trouve à l’hôtel Frontenac et est opéré par le propriétaire, Adolphe Desrochers, nommé gérant local par la Bell Téléphone Company. Il s’agit d’un téléphone public.


Quand un citoyen recevait un appel, un enfant servait de messager entre l’hôtel et le citoyen appelé et touchait un cent pour sa course. Le premier téléphone privé sera installé au couvent des sœurs de Notre-Dame en 1906.

En 1896, c’est l’année de l’apparition du premier tramway à Pointe-aux-Trembles. Il est opéré par la  compagnie Montreal Beltline sur une emprise ferroviaire longeant la rue Victoria. Les passagers de ce nouveau tram montaient dans la ville de Maisonneuve et pouvaient se rendre jusqu’au Bout-de-l’Île où un parc de villégiature les attendait et dont nous reparlerons plus tard.

La gare se trouvait à l’intersection Saint-Jean-Baptiste et Victoria.

Le premier tramway va desservir le cimetière Hawthorne Dale, aujourd’hui le Complexe funéraire des Trembles, ouvert en 1910 par le cimetière Mont-Royal qui décide d’offrir un site d’inhumations moins coûteux pour les protestants. En 1915, on met en service une voiture-funéraire pour le transport des défunts et de leurs proches. 


Ce service va se poursuivre jusqu’en 1927. Pendant la grippe espagnole, en six semaines d’octobre et novembre 1918, le tramway funéraire va transporter les dépouilles de 120 victimes de la grippe espagnole dont 91 enfants au cimetière Hawthorne Dale. Ce fléau va faucher une trentaine de vies à Pointe-aux-Trembles.

Le tramway longeant la rue Victoria va également desservir la chapelle de la Réparation fondée en 1896 par la dévote Marie de la Rousselière dans un boisé du nord du domaine de son beau-frère Brisset des Nos, époux de Clémentine de la Rousselière.


Autre arrêt de ce tramway, c’est au champ de tir ouvert en 1903 à l’est du village pour améliorer la formation des soldats canadiens. Le site faisait 130 arpents, comprenait une quarantaine de bâtiments et se terminait par une buvette de tir renforcée. On pouvait s’y exercer au tir à la carabine, au fusil, au revolver et à la mitrailleuse. L’Association de Tir de la Province de Québec y tenait son meeting annuel.


Autre nouveauté à cette époque: la mise en opération d’un premier aqueduc privé en 1909, confié à Jean Versailles en 1911. Le frère du fondateur de Montréal-Est, Joseph Versailles, va moderniser les installations et procéder à la chloration de l’eau puisée dans le fleuve de plus en plus pollué par les rejets de la ville de Montréal.


Québec va d’ailleurs obliger Montréal, à compter de 1916, à fournir de l’eau à Montréal-Est et Pointe-aux-Trembles. Cela sera suivi par toute une saga qui mènera à la fusion de Pointe-aux-Trembles à Montréal.

Haut