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Conférence 350e

1535 et la préhistoire – Le toponyme de Pointe-aux-Trembles

Jacques Cartier

1535, c’est l’année du deuxième voyage de Jacques-Cartier en Amérique où il remonte le Saint-Laurent jusqu’à l’île de Montréal et découvre le village iroquoien d’Hochelaga. Pendant longtemps certains ont prétendu que c’est lors de ce voyage que Cartier aurait donné le nom de Pointe-aux-Trembles au lieu que nous habitons. Il n’existe cependant aucune preuve de cette affirmation.

Chose certaine, à l’époque de Cartier et longtemps plus tard, une pointe de terre couverte de trembles s’avançait dans le fleuve, à peu près à la hauteur de l’actuel boulevard Saint-Jean-Baptiste.

Dans le récit de son deuxième voyage, Cartier ne mentionne à aucun endroit l’existence d’une pointe aux trembles. Qui a donc baptisé notre patelin de son nom si pittoresque ? Ça reste un mystère et la pointe aux trembles en question a finalement disparu avec l’érosion causée par les crues successives pour devenir une simple batture.

Avant l’arrivée des Européens

Que Cartier ait nommé ou non notre territoire Pointe-aux-Trembles, ce lieu était connu des premières nations bien avant l’arrivée des Européens. Il est même possible que des autochtones aient occupé cette presqu’île à un certain moment puisque le tremble est la première essence d’arbre feuillu à pousser après qu’il ait eu déforestation ou incendie.

Avant les premiers contacts avec les Européens, trois grandes familles autochtones occupaient le nord-est de l’Amérique du Nord. Elles partageaient la même langue et le même mode de vie : la famille iroquoienne dans laquelle on retrouve, entre autres, les iroquoiens du Saint-Laurent, les Iroquois et les Hurons-Wendats, la famille algonquienne qui compte plusieurs nations dont celles des Algonquins, des Abénakis, des Atikamekws et des Innus, et la famille inuite.

Quand Cartier découvre l’île de Montréal en 1535, il y trouve un village iroquoien, Hochelaga, avec ses palissades et ses maisons longues. Environ un millier d’autochtones y vivent. Ce sont des cultivateurs et des pêcheurs. Ces iroquoiens établis dans la vallée du Saint-Laurent vont mystérieusement disparaître entre le passage de Cartier et l’arrivée de Champlain au début du XVIIe siècle. Les maladies et les guerres pour le contrôle du commerce sont très probablement responsables de cette disparition. On pense que les survivants d’Hochelaga ont été intégrés aux autres nations iroquoiennes.

Village iroquoien

Les autochtones à Pointe-aux-Trembles

S’il y a eu des autochtones occupant l’île de Montréal au temps de Cartier,  les iroquoiens d’Hochelaga, dans ce qui est aujourd’hui l’arrondissement Ville-Marie, qu’en est-il de la pointe est de l’île?

Les fouilles archéologiques, notamment sur le site de l’actuel plage de l’est au Bout-de-l’île, nous ont appris que notre territoire n’a jamais été occupé de façon permanente par les autochtones mais a été, pendant longtemps, un lieu de passage important pour les déplacements et les échanges entre premières nations.

Les fouilles menées entre 2017 et 2020 sur la rive du fleuve entre la 94e et la 96e avenues ont été très fructueuses pour les archéologues. Douze mille artéfacts ont été mis au jour sur le site de la plage de l’est, nous apprenant la présence iroquoienne à cet endroit remontant à 2400 ans. Plus de 500 outils ont été sortis de terre, des morceaux de pipes, des pointes de flèche des restes de poterie, ce qui en fait le site archéologique préhistorique le plus riche de l’est de Montréal.

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