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1930 : P.A.T. terre de loisirs

L’hippodrome Richelieu

1930 est l’année de l’ouverture de l’hippodrome Richelieu, un lieu qui a marqué l’histoire de Pointe-aux-Trembles devenue une terre de loisirs dès le 19e siècle. En fait, déjà à l’époque de la Nouvelle-France, on s’arrêtait chez nous pour se reposer et se désaltérer à l’auberge Dumay, rue Sainte-Anne.

À la fin des année 1920, la fermeture d’un hippodrome au parc De Lorimier dans l’Est de Montréal incite deux hommes de chevaux, Léonce April et Ludovic Langevin, à aménager une piste de courses avec estrades au Bout-de-l’Île. À ses débuts, l’hippodrome Richelieu présentait des courses sous harnais mais aussi des courses d’automobiles, des numéros d’acrobatie de chiens et des cascades en auto et en moto. Dans les années 1950, au sommet de sa popularité, l’hippodrome attirait des foules. En 1958, un programme de courses a réuni 18 000 spectateurs.

Par la suite, les installations vont changer plusieurs fois de propriétaires. On va y présenter des Olympiades pour jeunes, des courses de stock-cars et même des courses de motoneige. Mais en 1978, c’est la fin des courses de chevaux et un incendie en 1981 va entraîner la démolition de l’hippodrome.

Les parcs du Bout-de-l’Île

Mais avant même l’ouverture de l’hippodrome Richelieu, des milliers de personnes se rendaient au Bout-de-l’Île. Avec l’arrivée du tramway en 1896 , on peut se rendre au Bout-de-l’Île Park , un trolley Park, comme on disait à l’époque, qui rivalisait avec les parcs du Mont-Royal, de l’île Sainte-Hélène et de Cartierville. On y retrouvait des zones ombragées et des terrains ouverts, une plage, des balançoires, des chaises et des tables de pique-nique, des pavillons et un restaurant. En 1908, un feuillet publicitaire distribué dans les hôtels montréalais vantait la beauté du parc du Bout-de-l’Île et invitait les touristes à s’y rendre.

L’endroit attirait des familles et de nombreuses associations y organisaient des sorties. En 1927, le site est occupé par l’Association du Bien-Être de la Jeunesse qui va parrainer des fêtes champêtres réunissant des dizaines de milliers d’enfants.

En 1956, les terrains furent vendus et transformés rapidement en un
terrain de camping, le camping Bel Air, jusqu’en 1981.

Un autre camping a accueilli des centaines de visiteurs au Bout-de-l’Île, le camping Henri, en opération de 1963 jusqu’au début des années 1980. Le terrain où l’on retrouve la maison patrimoniale Antoine-Beaudry avait déjà une vocation touristique. Dans les années 1930, l’occupant des lieux, Henri Beauchamp, avait fait construire 13 petits chalets qu’il louait à des touristes américains et que l’on appelait les « Henry’s Cabins ».

La Chapelle de la Réparation

S’il y a un lieu qui a attiré les foules chez nous, c’est bien le Sanctuaire de la Réparation au Sacré-Cœur, fondé en 1896 par Marie de la Rousselière pour réparer les péchés trop nombreux à ses yeux à Pointe-aux-Trembles qui comptait de multiples débits de boisson.

Ce lieu a attiré des dizaines de milliers de personnes dans la première moitié du 20e siècle. On venait de partout pour faire le pèlerinage à ce sanctuaire, même des États-Unis. Avec les années, le site s’est enrichi de nombreux édifices et d’œuvres d’art. Les rassemblements les plus spectaculaires se faisaient à la fête du Sacré-Coeur qui attirait jusqu’à 50 000 personnes. En 1956, la bénédiction annuelle des automobilistes a réuni 7 000 propriétaires de voitures. En1965, le sanctuaire de la Réparation a accueilli 332 000 pèlerins. Délaissé ces dernières décennies,  cet endroit extraordinaire existe toujours et il est à souhaiter qu’on trouvera un moyen de le préserver et lui redonner toute son attraction.

La plage Bissonnette

L’île Sainte-Thérèse, collée sur Pointe-aux-Trembles, n’a jamais été très populeuse mais ses plages et une en particulier, la plage Bissonnette, ont attiré des milliers de baigneurs particulièrement dans les années 1940-1950.

À la fin des années 30, Alexandre « Ti-Luc » Bissonnette, décide d’aménager un site de baignade sur la plage qu’il possède sur l’île Sainte-Thérèse. Avec l’aide de jeunes Pointeliers, il fait construire 80 petits chalets et un embarcadère où arrivent les baigneurs partis de l’hôtel Vannini à bord de navettes pouvant transporter jusqu’à 100 passagers.

La plage Bissonnette possédait un restaurant, une salle de danse, des cabines d’habillage, des toilettes, des tours de surveillance et même une petite centrale électrique. Le site accueillait jusqu’à 2 000 baigneurs par jour en semaine et plus de 5 000 les week-ends. Un record de 8 000 clients est fracassé une journée tropicale du mois d’août. Fait intéressant, on pouvait se louer un maillot de bain sur place.

La pollution, l’érosion de la rive et la démocratisation de l’automobile vont entraîner la fermeture de la plage Bissonnette en 1959.

L’hôtel Bureau-Vannini

Un petit mot sur l’endroit d’où partaient les baigneurs pour la plage Bissonnette: un endroit où se sont amusés et ont fêté les Pointeliers pendant 80 ans : l’hôtel Bureau-Vannini. Ouvert en 1898, cet hôtel a d’abord été le lieu de rencontres de riches venus pratiquer la chasse à courre. Il a servi de terminus pour le tramway, de lieu d’embarquement pour se rendre à Repentigny. Il possédait une salle de danse très populaire dont la musique, à une certaine époque, était diffusée à la radio le samedi soir. Il a été détruit par le feu en 1978.

Les Régates

Enfin, on ne peut pas passer sous silence la tenue de régates motorisées à Pointe-aux-Trembles et qui sont devenues le plus gros événement festif dans la ville de 1958 à 1971.

D’abord présentées au Bout-de-l’Île, les courses de bateaux vont se déplacer en 1961 au parc Sainte-Germaine-Cousin, l’actuel parc De La Rousselière, et accueillir de plus en plus de monde. Cet événement dont le chef d’orchestre était Richard Lafond pouvait attirer jusqu’à 75 000 visiteurs dans la semaine de festivités précédant les régates et durant les courses du week-end.

Pendant la semaine des régates, des manèges s’installaient dans la ville.  On organisait, entre autres, un tournoi de balle molle provincial, une course cycliste, un grand pique-nique, un défilé de mode, un concours et un couronnement de la reine des régates suivi d’un défilé sur la rue Notre-Dame. Entre les courses, la foule assistait à des spectacles aériens et à des acrobaties en ski nautique. Nul doute que Pointe-aux-Trembles était couru à cette époque.

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